Textes
Version numérique des textes publiés par Jean-Marc Philippe, transcrits d'après les éditions originales conservées dans ses archives. Les numéros de page de l'édition originale sont indiqués dans la marge.
Textes de Jean-Marc Philippe
Les psycho-structures sonores dirigéesdans J.-C. Quiniou, G. Verroust, J.-M. Font, J.-M. Philippe et C. Marenco, Les cerveaux non humains, Paris, Denoël, coll. « Le point de la question », 1970, p. 210-223.Jean-Marc Philippe expose une méthode de création sonore assistée par ordinateur, les « Psycho-Structures Sonores Dirigées » (P.S.S.D.), fondée sur l'acoustique, la physiologie, la musicologie et la théorie de l'information. Il décrit un dispositif expérimental pour mesurer les réactions psycho-physiologiques de l'auditeur aux signaux sonores, un schéma de principe de l'installation finale, quelques résultats et des applications possibles (métro, aéroports, musicothérapie, spectacle total). Il conclut en distinguant cinq fonctions de l'ordinateur et en affirmant que, dans cette démarche, c'est l'instrument qui a changé de nature.
Science et art : vers un nouveau type de dialogueSpirales. Journal de culture internationale, n° 20-21 (« La Deuxième Renaissance »), novembre-décembre 1982, p. 58-60.Jean-Marc Philippe décrit les relations entre art et science : d'abord une relation de surface (emprunt de moyens, de formes et de systèmes techniques), puis une relation de fond où la science est sollicitée dans sa méthode et ses capacités d'analyse. À partir d'un exemple musical (un hypercube en rotation sur une grille, associé à des partitions), il annonce un art nouveau, issu de groupes d'hommes disposant de moyens technologiques, qui s'adresserait davantage à l'esprit qu'à la sensibilité individuelle.
La Roue célesteL'Hippocampe, n° 2, avril 1984, p. 55-58.Premier texte de présentation de la Roue Céleste : récit de la nuit d'août où Jean-Marc Philippe voit passer un satellite artificiel, puis exposé du principe d'une couronne de satellites géostationnaires (cercle de rayon sept fois celui de la Terre) équipés pour émettre un signal lumineux d'éclat au moins égal à celui de Vénus. Il décrit des configurations d'allumage (signal horaire à 0 h, 8 h et 16 h T.U., guirlande, S.O.S. en morse), la perception selon la latitude et la portée symbolique de l'œuvre.
L'invention artistique et sa métamorphosedans Modernes et après : « Les Immatériaux », Paris, Autrement, 1985, p. 173-182.Jean-Marc Philippe analyse l'époque comme une chance inouïe pour les artistes (effondrement des références classiques, décloisonnement du savoir, multiplication des médias) et décrit les trois directions de son travail : des toiles à l'espace pictural blanc et dépouillé (les « 19 Regards »), les « imagiques » (manipulation électronique de l'image) et la « Roue céleste ». Ce dernier projet consiste à allumer à la demande, sur une trentaine à une quarantaine de satellites géostationnaires, un signal lumineux dessinant un grand cercle dans le ciel, avec une première mise en lumière souhaitée le 1er janvier de l'an 2000.
Comité mondial de l'art spatial : document de travailDocument de travail dactylographié (7 pages) remis à la commission d'experts réunie le 3 novembre 1986 à la Maison de l'UNESCO, à Paris.Note de travail proposant la création d'un Comité d'éthique (« Comité mondial de l'art spatial ») chargé de gérer de façon concertée, transparente et à l'échelle planétaire la première réalisation d'art spatial, conçue comme une fête collective sans signature d'artiste, d'institution ou de nation. Elle détaille les enjeux, les mises en garde (propagande, intérêts privés), un protocole en dix étapes (appel d'idées, comité technique, simulation en planétarium, référendum planétaire) et des hypothèses de financement fondées sur un prélèvement sur les budgets militaires ou sur le produit national brut.
Quand l'art, l'espace et le rêve se rejoignent… et quand la réflexion s'imposePhréatique. Langage et création, n° 49, été 1989, p. 107-116.Jean-Marc Philippe présente deux concepts d'art spatial : la « Roue Céleste », couronne de satellites géostationnaires qui s'allumeraient dans le ciel, avec ses configurations, son financement envisagé et son aventure depuis 1980, puis l'opération « Message des Hommes à l'Univers » (messages collectés par Minitel et émis depuis Nançay le 26 janvier 1987). Il relate aussi la réflexion éthique menée à l'UNESCO le 3 novembre 1986 qui a conduit au projet de « Comité Mondial d'Ethique pour une Utilisation Pacifique de l'Espace ». Le texte se clôt sur des extraits de messages et sur une dépêche de l'AFP du 26 janvier 1987.
De l'infiniment petit à l'infiniment grand : matière / mémoire / interactivité / cosmosdans Les Transinteractifs, actes du colloque des 4 et 5 novembre 1988 (Centre culturel canadien, Paris), coll. « Déchiffrages » dirigée par Frank Popper, p. 82-87.Jean-Marc Philippe présente le « Totem du Futur », sculpture métallique en alliage à mémoire de forme nickel/titane dont les formes évoluent avec la température et les saisons, réalisée avec le groupe Raychem (Menlo Park, Californie). Il explique pourquoi il traite ici de ces sculptures évolutives à mémoire plutôt que de l'opération « Messages des Hommes à l'Univers », et rappelle en notes la Roue Céleste, cette opération et un prix reçu en 1987.
Le travail a-t-il encore un sens aujourd'hui ? (témoignage)Management & Conjoncture sociale, n° 410 (« Le travail a-t-il encore un sens aujourd'hui ? »), 19 avril 1993, p. 20.Réponse d'artiste à la question du sens du travail : pour Jean-Marc Philippe, lorsqu'il travaille à quelque chose qui fait sens, il « ne travaille pas mais est », et il ne distingue pas les moments où il flâne et rêve de ceux où il travaille. Il évoque le manque de temps pour concrétiser son œuvre, le prix payé auprès des proches, et la création artistique comme antidote au vide et à l'angoisse.
L'art spatialdans Raymond Daudel et Nicole Lemaire d'Agaggio (dir.), La science et la métamorphose des arts, Paris, Presses universitaires de France, 1994, p. 141-160.Jean-Marc Philippe retrace la naissance de l'art spatial dans les années 1970-1980 à partir de quatre pionniers (Pierre Comte, Joseph Mac Shane, Jean-Marc Philippe, Tom Van Sat) et de leurs projets, dont la « Roue céleste » (1975) et l'opération « Message des Hommes à l'Univers » (1986-1987). Il évoque la commission d'experts réunie à l'Unesco en novembre 1986, puis les questions juridiques, physiques (débris, pollution lumineuse), financières et éthiques que pose ce nouvel art, et conclut sur l'enjeu d'un nouvel humanisme à l'échelle planétaire.
Et si l'exercice d'une « pleine responsabilité » s'avérait de nature transdisciplinaire, et si la réflexion d'ordre éthique se devait dorénavant d'intégrer la perception de type artistiqueJournal international de bioéthique, vol. 5, n° 1, mars 1994, p. 35-38.Jean-Marc Philippe distingue quatre formes de connaissance (consensuelle locale, scientifique, artistique, révélée) et estime que la production de connaissance scientifique, devenue hypertrophiée, déséquilibre les sociétés occidentales. Il plaide pour une réflexion éthique transdisciplinaire qui intègre la perception artistique, et évoque son rôle dans le « Comité Mondial d'Ethique pour une Utilisation Pacifique de l'Espace ».
Matrice culturelle et création artistique : de l'exercice classique de son art à la transdisciplinaritédans Michel Cazenave et Basarab Nicolescu (prés.), L'Homme, la science et la nature : regards transdisciplinaires, Aix-en-Provence, Le Mail, coll. « Science et conscience », 1994, p. 232-264.Jean-Marc Philippe décrit la « matrice culturelle » des sociétés technoculturelles riches, marquée par l'accélération exponentielle des savoirs et des techniques et par la difficulté de la création artistique à s'inscrire dans une économie de marché. Il présente quatre concepts artistiques nés de l'interdisciplinarité puis de la transdisciplinarité : les sculptures à mémoire de forme, la « Roue Céleste », l'opération « Messages des Hommes à l'Univers » et le projet « Royalties/Jardin/Terre » (dîme au profit de la Terre, considérée comme personne morale, et structure mondiale de réflexion et de gestion).
Sculpture et nouveau matériaudans Raymond Daudel et Nicole Lemaire d'Agaggio (dir.), La science et la métamorphose des arts, Paris, Presses universitaires de France, 1994, p. 103-123.Jean-Marc Philippe replace l'apparition des alliages à mémoire de forme dans l'histoire des outils et des matériaux de l'artiste, puis expose le programme de recherche mené avec l'industrie (Raychem, Californie) pour les adapter à la sculpture. Il présente trois concepts de sculpture évolutive à mémoire : le buste « Hermaphrodite » (1987), le « Totem du futur » (1989) et la « Porte des deux infinis », et conclut par un bilan critique de la jonction art-technologie.Textes sur Jean-Marc Philippe
Gilles PlazyJean-Marc Philippe (catalogue de la galerie Attali)Gilles Plazy, « Jean-Marc Philippe », catalogue de l'exposition Œuvres récentes, Paris, Galerie Attali, 1976 (extrait de la revue Cimaise).Texte de Gilles Plazy sur la peinture de Jean-Marc Philippe, présenté dans le catalogue de son exposition à la Galerie Attali en 1976. Plazy situe le peintre comme « fils de la coupure » entre figuration et abstraction, retrace son passage de l’abstraction lyrique du geste à une géométrie rigoureuse traversée de fissures (trompe-l’œil, coulures, effacements, traces d’écriture), et conclut que sa peinture est « la peinture même ».
Galerie EoliaL'Œuvre blanche (catalogue de la galerie Eolia)Jean-Marc Philippe. Œuvres récentes 1976-1984 : l'Œuvre blanche, Paris, Galerie Eolia, « Les Cahiers Eolia » n° 2, 1985.Catalogue de l’exposition « L’Œuvre blanche » de Jean-Marc Philippe à la Galerie Eolia (Paris, 1985), consacré aux séries « Regards », « Sourires » et « Instantanés » (18 planches). Il contient un texte de présentation non signé (français et anglais) évoquant aussi le projet de Roue Céleste et le travail sur un masque du Bénin, la liste des expositions, écrits, participations à des colloques et publications de l’artiste entre 1970 et 1985, une notice biographique extraite de Bénézit et une bibliographie sommaire.
Gilles TordjmanPortrait de l’artiste en vidéoGilles Tordjman, « Portrait de l'artiste en vidéo », Revue d'esthétique, n° 10 (« Vidéo-Vidéo »), Toulouse, Privat, 1986, p. 155-158.Article de Gilles Tordjman consacré à Jean-Marc Philippe dans le numéro « Vidéo-Vidéo » de la Revue d’esthétique. Il décrit la pluralité de ses pratiques (dessin, ordinateur, vidéo, soudure), son travail sur l’image vidéo fixe et les couleurs artificielles à partir d’objets comme un masque du Bénin ou un autoportrait de Van Gogh, son projet de Roue céleste (une quarantaine de satellites, présenté au deuxième Sommet culturel franco-japonais de juin 1985) et ses recherches sur les alliages à mémoire de forme exposées au Festival de l’Industrie et de la technologie de La Villette.